Madlyn Cazalis

Célébration de la femme africaine (8 mars)





Célébration de la femme africaine (8 mars)

Une amie me disait l’autre jour : « j’adore mon boulot mais mon supérieur hiérarchique n’arrête pas de me faire des avances, je me sens mal et chaque matin je me lève avec la peur de perdre mon travail ». De quoi s’agit-il ici ? Pourquoi n’a-t-elle pas aussi, le droit de ressentir la passion que peut lui procurer l’activité de ses rêves ? La société patriarcale africaine dans laquelle nous vivons m’a-t-elle donné beaucoup plus de droits et de pouvoir ? Cette question n’est pas nouvelle. Aujourd’hui, le harcèlement sexuel, les brimades et violences se sont banalisés. Saviez-vous par exemple que selon le Ministère de la Santé, à Kinshasa, 64% des femmes ont déjà été victimes de harcèlement sexuel dans leur lieu de travail ? Alors que certaines femmes acceptent leur sort sans broncher en martelant « Ah, on va faire comment ? C’est la société dans laquelle nous vivons.», d’autres accusent l’ensemble de la classe masculine de tous leurs maux. Bien heureusement, la grande majorité a un discours beaucoup plus nuancé. D’un côté « l’homme c’est l’homme » et de l’autre « tous les hommes doivent payer ».

Une journée suffit-elle à célébrer la femme ? Je ne pense pas. Qu’elle soit camerounaise, afghane ou autrichienne, la femme reste la mère de l’humanité. Moi j’ai envie de voir régulièrement ma maman, pas vous ? La société africaine a-t-elle oublié le rôle fondamental qu’elle joue sur le plan social, familial et économique ? La femme africaine est celle aussi qui travaille, fédère, transmet et redonne de la joie au foyer. Je pense beaucoup à la femme africaine, celle qui dans toute sa beauté, sa dignité et sa force se bat dans un monde où elle est souvent reléguée au second plan. La bienveillance de sa grand-mère, l’amour inconditionnel de sa maman, la tendresse de sa femme, la complicité de sa cousine, les conseils de sa tante, les fous rires de son amie, le charme de sa voisine ou bien le sourire de sa fille. Autant de sentiments positifs dont l’humanité a besoin. Aujourd’hui, la femme africaine est femme d’affaires, ingénieur, médecin, sportive de haut niveau, ministre mais aussi restauratrice, infirmière, vendeuse ou assistante administrative. Elle produit une grande partie de la douceur dont le monde a besoin.

Beaucoup de chemin reste encore à faire avant la disparition de la « femme-objet ». C’est sans oublier que nous sommes, hommes comme femmes, le reflet de notre propre projection. En général, le comportement que nous attendons des autres est la réflexion de notre propre comportement. Restons dignes pour espérer être traités avec dignité. Respectons nos proches, nos familles et notre entourage, avant d’attendre qu’ils nous respectent. Restez dignes et respectez vos hommes, époux, frères et amis. Non seulement ils vous respecteront mais ils seront également vos gardiens face à tous ceux qui essaieront de vous manquer de respect. Plus nous vivons d’orgueil, d’invective, de vanité, de vénalité, de désordre, de palabres, d’arrogance ou d’insolence, plus nous nous éloignons du respect que nous attendons des autres. Tout le monde mérite le respect, la femme mérite le respect et la femme africaine mérite le respect.

Aujourd’hui c’est la Journée Internationale des Droits des Femmes. Pour moi cette fête n’est pas celle du féminisme mais celle de la femme. La femme n’est pas l’opposée de l’homme. La femme et l’homme sont complémentaires. L’homme peut apporter à la femme, la femme peut apporter à l’homme. La femme peut apporter à l’Homme, avec un grand « H », mais aussi et surtout, apporter une mémorable et indispensable contribution à l’humanité toute entière.

Bonne fête du 8 mars à toutes les femmes camerounaises.

Bonne fête du 8 mars à toutes les femmes africaines.

Bonne fête du 8 mars à toutes les femmes du monde.


Christian Ngan

Madlyn Cazalis